Le coupable

J’ai déverrouillé la porte, comme d’habitude, comme à chaque fois que je rentre chez moi. J’ai lancé les clés à côté de la machine à café, leur place habituelle et, tout en commençant à me déshabiller, j’avançais mécaniquement vers le salon. C’est là que je l’ai aperçu. Gisant sur le flanc… Enfin plutôt sur sa tranche. Je me suis arrêtée, crispée, dans la réalisation de ce qu’il s’était passé : mon ordinateur était tombé par terre. Je me suis précipitée pour constater les dégâts, lui administrer les premiers soins. A priori, il avait l’air intact. Diagnostic trop rapide, à mieux y regarder le branchement de l’alimentation était complètement détruit. Fébrilement, j’essayais de faire rentrer la prise dans ce trou informe. Sans succès. L’appréhension montant en moi, j’ai quand même appuyé sur le bouton de démarrage. Les fêlure sont apparues, partageant l’écran en deux parties distinctes: la vue de Madrid que j’avais en fond d’écran et une partie toute noire, morte. Il n’y avait plus rien à faire.

J’ai commencé à réfléchir, il fallait que je comprenne, que je trouve un coupable. Qui d’autre que moi? La culpabilité montait. Oui, moi, qui était sortie rapidement, trop rapidement, en retard. J’avais du le poser en équilibre… Je me souvenais l’avoir reposé sans précaution.

C’est là que mon regard s’est posé sur le buffet, à la place de feu mon ordinateur. Il y avait de longs traits irréguliers dans le bois, sur le dessus du meuble et sur la porte du dessous. Les preuves étaient là. En quelques secondes la scène s’est rejouée dans ma tête. Le coupable se trouvait derrière moi, sur le canapé, à me regarder d’un œil inquisiteur. Pas du tout perturbé par son méfait.

Le chat. Dans une soif de nouveaux territoires, il avait décidé de partir à la découverte du buffet, un peu haut, oui, mais il en avait vu d’autres dans sa jeunesse. Il s’était donc élancé en toute confiance. C’était sans compter sa surcharge pondérale. Il se retrouva les pattes arrières balançant dans le vide et les pattes avants essayant de trouver frénétiquement un point d’accroche, laissant au passage de profondes rayures dans le bois tendre, rencontrant finalement le clavier de l’ordinateur qui, dans un dernier glissement, bascula avec lui dans le vide.

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2 réflexions sur “Le coupable

  1. Hum… ça me rappelle mon chien… berger allemand de 40 kilos… voulant me faire la fête, me sautant sur les genoux, sa patte avant touchant mon clavier…. et faisant, de ses griffes, sauter 12 touches d’un coup… Dont une ne fut jamais remettable… faut il qu’on les aime ces bestioles 😀

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