Que nous est-il arrivé ?

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Partout dans le monde, des bouches s’ouvrent, offrant des ténèbres douloureuses, débordantes de plaintes muettes. Leurs lèvres ne se referment sur rien, sur le vide du quotidien. Juste du vent qui n’emporte même pas les cris de leurs estomacs. Les yeux aussi s’ouvrent, énormes, démesurés, plein d’une espérance délavée, d’images qui ne nourrissent pas. Remplis de questions. Car on ne leur fait même pas l’offrande d’une explication. Aux quatre coins du globe, les tripes se tordent sur l’absence lancinante. Ils patientent, ils s’alimentent de secondes, de minutes creuses, jusqu’à ce que la douleur, étouffée par l’habitude, disparaisse. Quelques heures de répit jusqu’au prochain spasme.

Sur tous les continents. Et pas besoin d’aller très loin. Ici aussi, des gens luttent pour que les yeux de leurs enfants s’ouvrent sur autre chose qu’une assiette propre et lisse. Ce sont nos voisins, ceux qu’on côtoie, qu’on frôle tous les jours. Ils chassent le néant en s’abîmant dans le travail, dans l’économie, dans les poubelles.

Que nous est-il arrivé ? Pourquoi ? Le pays croule sous des montagnes de nourriture, de fruits lustrés, criants de santé. De légumes odorants comme autant de promesses succulentes. Des boites aux couleurs de la joie nous offrent biscuits, céréales, crèmes et boissons. Une déferlante de saveurs, un ouragan de délicatesses. Le régal conditionné en petite portion, du bonheur sous emballage plastique, pour l’avoir toujours en poche, à portée de main. Un océan de bouffe dans lequel on nous attire par plaisir, non plus par besoin. On ne sait plus ce que c’est que la faim. Sauf le voisin.

Alors pourquoi ? Parce qu’on a oublié l’essentiel. Parce qu’on s’est tellement habitué au système qu’on en voit plus les failles, les aberrations. Parce que c’est tellement courant qu’on imagine même plus protester.

Pourquoi ? Parce qu’il y a des gens qui préfèrent gâcher plutôt que donner. Parce qu’il y a des gens qui pensent qu’en tendant la main ils perdent de l’argent. Parce qu’à nos portes on écrase, on détruit :

La destruction de 100kg de nourriture par jour

Ne fermons pas nos portes, ne fermons pas les yeux. Arrêtons-les. Protestons. Partagez.

Merci

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4 réflexions sur “Que nous est-il arrivé ?

  1. Evitons la grande distribution et privilégions les petits producteurs.
    Ils ont besoin de nous tout autant que nous avons, et aurons dans un futur proche, besoin d’eux.

    Joli texte qui touche là où ça fait mal, le paradoxe de la faim dans un monde de surproduction et de gaspillage

  2. Il y a quelques années, c’était pire que cela. les Restos du coeur notamment ont obtenu que les surplus leur soit donné (dates courtes) plutôt que détruits (pour éviter en fait s’être concurrencés par eux-mêmes!) La grande distribution ne voulait pas payer pour donner. Cela leur revenait moins cher de détruire. Ce sont les associations caritatives qui vont chercher les surplus et prennent en charge le stockage de cette nourriture. Et la grande distribution est gagnante a final dans l’opération…

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