Dans le sillage de l’été

octobre

Quand on vient de Paris, on s’habitue au bruit, au tumulte. La frénésie des passants pressés, la vindicte des klaxons agacés. Les roues, les moteurs, les freins, les sirènes. Les cris. La pollution s’immisce jusque dans nos oreilles. On apprend à entendre avec. On ne la remarque plus. Sauf par effet de contraste.

Ici on n’entend que la paresse d’un petit matin d’octobre. Rien que la musique d’un dimanche paresseux qui s’éveille. Le soleil donne en plein sur la terrasse familiale. Il y a ceux qui lisent le journal et ceux qui profitent de l’été qui s’attarde, les yeux fermés. J’apprécie la qualité du silence. Je m’étonne de la finesse des sons qui m’arrivent. Je me rends compte de tout ce que j’ai oublié d’écouter, depuis des années.  J’arrive à distinguer les oiseaux par leur chant. Tourterelle, moineau, sansonnet, corbeau. Et tant d’autres que je ne reconnais pas. Un cliquetis métallique m’annonce le passage de cyclistes, leurs voix me font partager la complicité d’un père et de son fils, pendant les quelques secondes que dure leur passage le long du jardin. J’envie leur course dans les fraîcheurs d’automne, cette campagne qui se déploie sous leurs roues, ces coins de verdure dont ils s’emplissent les yeux pour mieux commencer la semaine. Au loin un clocher de village égrène les onze coups qui nous rapprochent de midi. J’imagine une place, une fontaine, des arbres dorés. Une agitation douce annonce le déjeuner dominical, des passants les bras chargés de pain, les voisins se saluent. Le temps flâne et s’étire dans les parfums de rôtis, de blanquette, de filets mignons. Octobre frissonne derrière un nuage et je me demande ce que je fous à Paris.

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20 réflexions sur “Dans le sillage de l’été

  1. Très joli texte auquel je suis particulièrement sensible. Parisien de naissance, j’y ai vécu les 27 premières années de mon existence. Je réside à Poitiers depuis 25 ans et ne reviendrait dans la capitale pour rien au monde, sauf par amour bien entendu.

    • Oui bien sûr, avec grand plaisir! Il y aura bientôt un texte un peu plus long, dans la veine de ceux d’avant. Mais j’essaie maintenant de saisir les petits moments de la vie 🙂 Merci pour votre visite!

      • Toujours avec le même plaisir… Je me trompe ou vous avez publié quelque chose? Il me semble avoir vu ça mais trop rapidement car j’étais en voyage en Grèce. Mais j’ai mis l’info dans un coin de ma mémoire… Si elle ne trompe pas, faites-moi savoir où cela peut s’acquérir. Merci d’avance

      • Oui! 🙂 J’ai eu une nouvelle publiée dans le recueil « les femmes nous parlent » aux éditions Phénix d’azur, il est assez facile à trouver. Et je vais publier mon roman dans la même maison d’édition, par contre je n’ai pas encore sa date de sortie. Votre soutien me fait tellement plaisir!

  2. Pingback: Nouvelle de Carine (blog é(mots)tions): Dans le sillage de l’été | Maître Renard

  3. Que foutez-vous à Paris? Vous pensez à la campagne, apparemment. Une campagne très joliment écrite ici, très sensuelle. N’oublions pas cependant que c’est pas tous les jours dimanche. Heureusement.

  4. Très joli texte qui me touche aussi particulièrement. J’ai quitté Paris il y a 2 ans pour Rennes, et à chaque retour dans la capital, le stress, les regards et la solitude de chacun me font un choquent. Et pourtant, j’étais amoureuse de cette ville et de son histoire =)

    • Wow! Merci beaucoup pour ce beau compliment 🙂 N’hésitez pas à me faire des retours sur ce qui vous plaît ou pas (et contente de vous faire passer de bons moments!)

  5. Un texte très juste. Je vis à Toronto mais quand je rentre dans mon Lot natal, le silence est si intense que mes perceptions en sont toutes chamboulées.
    La dernière fois, il y avait justement un cycliste, et pouvoir entendre le cliquetis métallique de son vieux vélo me donna le vertige.

  6. Quel beau texte!
    J’ai cette chance de vivre en province et de profiter tous les jours de ces vrais bonheurs.
    Et je dois avouer que je les apprécie pleinement.
    Merci pour ce partage.

  7. Très beaux textes. Personnellement, je vis à la campagne donc je ne peux pas tellement comprendre la vie Parisienne, mais c’est un texte à garder en mémoire pour les moments ou je me met à raler bêtement sur ce calme…trop calme : ).
    Ton blog et tes textes son magnifiques, félicitation. Je m’abonne : D

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