24 novembre 2010

Depuis combien de temps j’ai redouté ce jour ? Ce qui est sûr c’est que ça se compte en années. Dix ans, oui, pas loin. Bien sûr, on s’y attendait, bien sûr, vu son état c’était pour le mieux, bien sûr…  Ben non, merde, pas « bien sûr ».

Et c’est arrivé. Et ça n’a rien à voir avec ce que j’avais imaginé.  Un hébétement et des larmes à chaque fois qu’on m’adresse la parole. Moi qui ne crois ni en dieu, ni en aucune forme de vie autres que celles qu’on connaît, je me surprends à parler au ciel, à lui demander où elle est, si elle est bien, si elle me voit, si elle peut m’aider…  Et les larmes coulent, aujourd’hui je ne sais pas comment les arrêter. J’attends. J’attends quoi ? Que ça aille mieux ? Que je m’habitue ? Est-ce qu’on ne s’habitue jamais ?

Je sais que ça ne fait que commencer. Demain, il faudra voyager le long de sa mémoire, sortir tous ses souvenirs, fouiller parmi tous ces trésors qu’elle a serré au creux de ses armoires, ces morceaux de vie, ces objets qui prolongent sa présence, qui nous donnent l’illusion qu’elle est encore là. Je veux être là, je veux en grappiller des morceaux, des petits bouts d’elle que je disséminerais autour de moi. Une photo, une fleur séchée, son regard, son sourire…

Aujourd’hui j’ai vieilli, aujourd’hui j’ai perdu mon enfance.

J’espère que tu es bien.

Jour de pluie… Portrait de l’Arrogant(e)

Je ne sais pas pourquoi j’écris ce texte, tu ne le comprendras sûrement pas… Tu es trop égocentrique pour comprendre. J’ai vu comment tu as cru triompher, mais surtout le plaisir que tu prends à jeter tes pseudo victoires à la tête des gens. On sent, au-delà des mots, au-delà de la forme polie des apparences, l’arrogance, la suffisance, la jouissance de blesser. Il est tellement facile de blesser quand on est en position de force, c’est la solution des lâches. Le vainqueur est avant tout humble, il fait preuve de mansuétude, tu ne fais pas partie de cette catégorie. Tes discours sont pleins de grands mots, de grands concepts, le respect, l’amour, le pardon… Ça fait bien, ils donnent l’impression que celui qui les utilise est plein de bonnes intentions. Rideau de fumée qui cache (mal) le message essentiel, celui du mépris. Il est facile d’utiliser ces mots, c’est autre chose que de les appliquer au quotidien. Apprends à vivre ces principes, après tu pourras les employer.

Heureusement, les provocations de ce genre n’atteignent pas leur but. Au contraire… Tentatives pathétiques de prouver sa supériorité, tout ce qu’elles arrivent à faire c’est à inspirer la pitié. La pitié de voir qu’un être est tant centré sur lui-même qu’il ne se rend pas compte de ce qui se passe vraiment autour de lui. La pitié de voir qu’il vit dans l’illusion, dans la naïveté de croire sa victoire éternelle. Une victoire construite sur la manipulation et l’orgueil ne demande qu’à s’écrouler. Demain, dans un mois, dans un an… tu revivras la même situation. Tu vivras dans l’insécurité et dans le doute, car, inconsciemment tu sens déjà que tu n’as pas utilisé les bonnes armes. La vanité et les mensonges provoquent déjà les premières fissures…

La vraie victoire se trouve au fond des cœurs et c’est là ou tu échoues. Car on ne gagne pas un cœur à coup de mépris, d’intimidations et de faux-semblants, au mieux on construit une illusion. Tu ne sauras jamais comment on gagne un cœur car pour cela il faut regarder au-delà de soi, il faut aimer les autres et ça t’es impossible car tu n’aimes que toi.

Parlez-moi d’amour…

Combien de personnes parlent d’amour? Combien de personnes disent en aimer une autre? Des millions, à chaque instant, aux quatre coins du monde. Mais combien parmi eux le ressentent vraiment? Il arrive que le « je t’aime » cache souvent un autre sens, une autre pensée, bien plus obscure, bien moins avouable, mesquine et égoïste…

Je t’aime, tu m’appartiens, tu es ma chose. Je t’aime, parce que je sais qu’en te disant ça  je te garde dépendant(e) de moi, à ma disposition. Je t’aime, je suis trop fière, même si je ne t’aime plus, pour te laisser a un(e) autre. Je t’aime, tu m’es utile, je ne me sens pas seul(e), je me sers de toi; Tu n’es pas heureux(se)? Ah, mais si, puisque moi je suis bien…

Pour moi aimer quelqu’un c’est à 100 000 lieues de tout cela. Le véritable amour ne parle pas de possession ni d’appartenance. Le véritable amour c’est de voir l’autre heureux, rire et s’épanouir. C’est un partage, une fusion. C’est aider l’autre dans ses choix, l’appuyer dans ses décisions, en le conseillant mais sans le juger. C’est aussi laisser l’autre partir le cas échéant, accepter que son bonheur soit ailleurs, loin, dans le regard d’un(e) autre…

Cela suppose beaucoup de franchise, de dialogue et d’écoute. De la compréhension aussi, de l’empathie. Surtout cela suppose de mettre sa fierté et son ego de côté, mais combien en sont capables?