La bonne nouvelle

Homme seul

Eugène est devant sa porte. Enfant, il était déjà là, à courir avec ses copains comme une volée d’étourneaux frondeurs. Ça se chamaillait, ça se bastonnait, ça vivait. Gaillard, Eugène était vitrier. Il battait la campagne, de partout salué. Ici un café, là un godet. Il en a vu des départs. Des décennies de gars en partance vers la ville et ses attraits. Le boucher ne passe plus. Les vieux aux appétits de moineaux, c’est pas rentable, il paraît. Eugène est à sa porte, comme tous les anciens. Ils se parlent de loin, en haussant la voix. Entre eux glissent le vent, la poussière et l’absence. Ces jours-ci ça cancane. Une famille s’installe dans la boutique du Père François. Des étrangers. Ils viennent de Sfireh, près d’Alep. Les gens qui viennent de trop loin, ça fait peur. Ici, dès qu’on passe la Saône y’a méfiance. Mais pas pour Eugène. Ni pour aucun des aînés. Ça va courir, ça va chanter, ça va changer. Avec ces gens-là, c’est le village qui renaît.

Texte écrit dans le cadre du Festival Champ Libre – Micro-nouvelle de 1000 signes maximum.

N’oubliez-pas, vous pouvez me retrouver en conteuse d’histoire longue et passionnante au fil des pages de mon roman « Shana, fille du vent« 

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Photo de William Klein

R(h)umeurs du monde

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Le vieux monde est colère. Des êtres minuscules s’agitent sur sa croûte, lui tapent sur les nerfs. Ils percent, creusent, coupent et bétonnent. Ils lui bouchent les pores de la peau d’une couche de macadam sale. Le monde suffoque. Il sent leur course effrénée, de plus en plus vite, lancés dans la sempiternelle poursuite du temps. Un concept étonnant inventé pour quantifier le déroulé de la vie. Et se rendre compte qu’ils la gâchent en futilités. Et déprimer. Le monde est perplexe. Ces créatures déconcertantes construisent des machines qui toussent et qui crachent. Elles bâtissent des édifices à toucher les nuages, si hauts qu’ils dissimulent le ciel. Elles allument des lumières qui occultent les étoiles et condamnent les ombres de la nuit. Le monde ne les comprend pas, ça ne doit plus être de son âge.

Si ce n’était que les démangeaisons, ça irait encore. Mais le bruit. Tant de bruit. La rumeur constante de leurs paroles futiles, le brouhaha criard de leurs réclames, le grondement permanent de leurs pieds minuscules. Pourquoi ? Pour accumuler, plus et plus encore. Toujours plus que son voisin… Il est loin le temps où il les regardait évoluer avec étonnement. Où les plus audacieux parcouraient des continents inconnus, calant leurs pas sur la respiration de la terre, émerveillés par les beautés de la nature, curieux des différences entre les peuples. Loin le temps où la bonté, le courage étaient les seules valeurs reconnues. Il y a encore quelques aventuriers aujourd’hui, mais ils sont rares.

Le monde ne conçoit pas pourquoi les petits hommes s’enorgueillissent de leurs villes immenses. Ils rasent les forêts, tranchent dans ses poumons… Le monde s’essouffle. Ils font courir des câbles où frissonnent mille informations. Ils quadrillent le sol de lignes qui relient les humains entre eux, aux quatre coins du globe. Il n’y a que lui pour se rendre compte qu’ils n’ont jamais été aussi seuls.

La minuscule cohue ne réalise pas qu’elle rend le monde malade. Brûlant, à bout de souffle, il a des envies de saccages, des pulsions destructrices. Parce que, s’il est compréhensif, il n’est quand même pas du genre à se laisser détruire. Il a longuement pesé le pour et le contre. Il a beaucoup hésité. La fièvre ne baisse pas, alors tant pis. Il se secoue et tremble. Sur sa peau les pauvres constructions vacillent et se fissurent. Sa colère monte du plus profond de son âme et jaillit en torrents de lave dévorant tout sur leur passage. Sous le coup de l’effort, il souffle, il halète et c’est les mers qui se démontent et bouleversent les paysages côtiers. Son emportement retombe vite, le monde n’est pas un méchant. Cent ans exactement, juste un instant. Les êtres microscopiques ne s’agitent plus comme avant. Ils doivent reconstruire, pleurer leurs disparus. Naître et renaître encore. Dans le calme de la nature retrouvé, une nouvelle sagesse apparaît et se transmet. La vie est le monde. Le monde est la vie. Il faut le respecter.

Texte écrit dans le cadre du concours de la micro-nouvelle organisée par le Festival International Les Lucioles Bleues, thème :R(H)umeurs du monde, 500 mots maximum.

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Concours : Résultat! :)

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Je vous souhaite une merveilleuse année à tous! Qu’elle soit remplie de livres à dévorer, de belles histoires et d’aventures à pleine pages!

J’ai passé les mille abonnés depuis quelques jours et je viens de procéder au tirage au sort parmi les participants. Un petit tirage au sort maison et vintage, avec papiers ciseaux et joli bol et la chance a choisi : Buline!

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Quant au prix, voici le nom du roman tant attendu: La nuit des temps de René Barjavel. C’est un des rares romans qui a réussi à me tenir éveillée la nuit jusqu’à des heures qui se rapprochent du matin, malgré le réveil aux aurores qui m’attendait.

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Merci à tous d’avoir participé, surtout merci encore à tous pour vos gentils messages et votre soutien! A bientôt pour un nouveau concours 🙂

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Concours : Gagnez un roman!

Mon blog s’approche des 1000 abonnés (qui l’eut cru!?) et je me suis dit que l’occasion valait bien un petit événement pour marquer le coup!

Gagner quoi?

Mon roman préféré! Je garderai la surprise jusqu’au bout… Quelques indices tout de même: c’est un auteur connu, un auteur mort et son livre n’a pas pris une ride 🙂

(à savoir que j’irai l’acheter dans une petite librairie indépendante, ça fait pas de mal!)

Comment gagner?

Quelques conditions pas trop compliquées :

  • Aimer la lecture!
  • S’abonner à mon blog WordPress jusqu’à ce qu’on soit 1000!
  • S’abonner à ma page Facebook: https://www.facebook.com/CLejeail/
  • Mettre un petit commentaire ici pour que je puisse vous retrouver!
  • Je procéderai au tirage u sort parmi tous mes abonnés dès le 1000ème abonné!

Que la chance soit avec vous pour cliquer au bon moment! 🙂

PS: j’ai modifié légèrement le règlement pour que tout le monde puisse gagner, y compris les fidèles de  la première heure! 🙂 

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